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Un grand bonjour chers Vous tous ! 

Comment vous portez-vous depuis nos derniers échanges ? Chaudement, hein, c’est ça ? Oui, je suis un peu médium, c’est un don… 

Et bien moi, je me porte comme un charme, enfin, je devrais plutôt dire « nous »nous portons comme un charme puisque comme certains d’entre-vous ont du le deviner, mon absence de publication de ces dernières semaines était bien sûr la conséquence directe de la fin de ma grossesse. Alors pour ceux qui n’ont pas encore aperçu la bouille d’ange de ma dernière création, dévorez donc cette merveille des yeux (et savourez bien cette douceur car ce sera les seules images sur les ondes de ce petit trésor). Je vous présente donc ma petite fille (pour le plus grand bonheur de son grand frère Arthur qui voulait ABSOLUMENT une petite soeur). Elle se prénomme Salomé et comme je m’y attendais et malgré tous mes efforts pour la garder au chaud le plus longtemps possible, elle est née avec un bon mois d’avance le 5 juin dernier, affichant toutefois fièrement ses 3,300 kg ! (Et oui ! Elle avait fait des réserves, la gourmande !) 

Mon retour dans mon atelier attendra encore un peu mais j’ai tout de même quelques choses à vous montrer. Le rapport à la pâte polymère reste anecdotique mais il a toutefois l’intérêt d’exister. Je m’explique. 

Au tout début du mois d’avril, j’avais participé, rappelez-vous, à un weekend de stage animé par Olga Nicolas. À cette occasion, nous devions apporter dans notre valise de matériel requis, un ou plusieurs pochoirs. Ne possédant rien de semblable, j’ai donc effectué une commande en ligne en omettant bien de prêter attention aux informations relatives au produit du genre… les dimensions. Vous voyez où je veux en venir, hein ? Heureusement pour moi, Olga possédait encore quelques exemplaires à vendre des pochoirs fabriqués par ses soins et j’ai pu me munir d’un motif ajouré de taille utilisable !

Jugez vous-même : 

Celui d’Olga Nicolas est celui de droite… bien entendu… il mesure 6 cm sur 8 tandis que mon géant fait 30 cm de côté…

Une fois de retour à la maison, et après avoir tristement contemplé ces méga pochoirs, j’ai décidé qu’ils feraient partie de mon projet printanier de rénovation de meubles.

Mon alitement forcé qui suivit ne me permis pas de réaliser les meubles aussi rapidement que je l’aurais voulu pour préparer la venue de bébé mais les pochoirs ne sont pas restés pour autant inutilisés. Au bout de la cinquième semaine allongée et après avoir réaliser pas moins de 6 albums photos en ligne (j’ai ENFIN des books de La Perle Rouge à présenter pour les expos, c’est toujours ça !) il a fallu que je trouve une autre activité à mes mains qui se tournaient nerveusement les pouces et j’ai jeté mon dévolu sur les plus petites toiles que j’avais encore en stock dans mon atelier. Je me suis armée d’un grand calendrier en carton, (histoire de ne pas repeindre l’intégralité des draps de mon lit), d’une boîte de tubes de peintures acryliques (tubes qui, depuis 3 ans n’avaient vu que les pinceaux et les doigts de mon petit garçon) de mes mini-toiles, de mes pinceaux, de mes rouleaux de mousse et enfin, de mes pochoirs. 

Je vous laisse imaginer tous seuls la formidable installation de la fille qui s’est mise en tête de faire de la peinture tandis qu’elle doit rester allongée dans son lit… (indice : ma table à repasser n’aura jamais autant servi que durant cette grossesse… ah si, attendez… elle avait déjà servit de table d’hôpital lors de ma précédente grossesse !)

Quoiqu’il en soit, la première création qui est en est née m’a beaucoup plu. Oui, vous avez bien lu, ma « première » car une fois la journée peinture achevée, je n’ai évidemment pas pu m’en tenir là. Mais laissez-moi déjà vous montrer les premières toiles de décoration réalisées avec peinture acrylique, feutre et pochoirs : 

Dimensions d’une toile : 30 x 10

Le lendemain matin, je cherchai la toile suivante la plus petite et je réitérai l’exercice afin de terminer la décoration que j’avais en tête : 

40 x 30 cm

Dès lors, la spirale était enclenchée !

De la même façon que j’avais enchaîné la réalisation des albums photos afin de tromper l’ennui des semaines précédentes, je me suis retrouvée à enchaîner les créations en utilisant les pochoirs.

Celles-ci devraient venir orner les murs de mon atelier : 

De même que la suivante qui se trouve être le rattrapage d’une toile commencée il y a longtemps et qui avait été lamentablement laissée à l’état d’ébauche géométrique. 

Non, vous ne rêvez pas, j’ai complètement explosé les dimensions que je m’étais contrainte à utiliser. Cette toile de 90 cm sur 70 cm a laissé quelques touches de couleurs à ma couette… 

Et enfin un dernier assemblage pour une amie qui avait beaucoup aimé les premières : 

Lorsque j’ai finalement reçu l’autorisation de commencer à me lever un peu, j’ai poursuivi mon travail de couleur mais en volume cette fois et j’ai travaillé à la petite commode récupérée au bric-à-brac :

J’ai évidemment, oublié de prendre des clichés des meubles avant leur relooking mais je suis sûre que vous pouvez aisément imaginer le marron foncé du bois et les ferrures rouillées des meubles obtenus pour une bouchée de pain. 

À chaque fois que je finissais d’utiliser une couleur, je badigeonnais un petit coin  de toile afin de faire la déco qui accompagne la commode : 

J’ai également achevé un meuble de rangement de jouets pour le grand : 

Et enfin, un grand meuble de réserves pour la cuisine qui manquait un chouïa de rangements : 

La porte est encore en train de sécher mais elle n’a pas de décoration au pochoir. 

Voilà, vous connaissez toute ma production de ces deux derniers mois. 

Pour être parfaitement honnête, je ne suis pas sûre de la date de la prochaine publication alors ce sera la surprise ! 

En attendant, prenez bien soin de vous  ! 

à bientôt ! 

Bises

MC

 

Deux cris d’effroi !

Publié: 19 novembre 2015 dans Paroles de pinceaux !
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Bonjour Chers Vous ! 

Lorsqu’à la fin de ma publication de vendredi dernier je vous souhaitais à tous une excellente fin de semaine, j’étais loin d’imaginer à quel point cette phrase allait se fracasser contre une sanglante nuit. Depuis, et comme nombre d’entre vous je l’imagine, j’ai du mal à trouver le sommeil. Lundi matin m’a vue péniblement émerger d’une semi-torpeur sans me voir accompagnée d’aucune sorte de motivation ni d’énergie. Mardi matin s’est révélé être identique. Après avoir déposé petit chat chez sa nounou, je m’installe à ma table… et j’attends… pas envie de manipuler des couleurs… et surtout : aucune espèce d’ébauche d’imagination… le néant. Je repose donc mes gants sur ma machine à pâte et je recule mon siège. Il n’ y a aura pas de nouvelles pièces cette semaine, j’ai d’autres choses sur lesquelles je dois me concentrer. 

Entre atterrement et colère, j’ai eu un flash de ce que je pouvais vous présenter aujourd’hui. Un cri, ou plutôt, 2. Je vous explique : 

Il y a déjà plusieurs années, à l’époque où je touchais du bout des doigts la fin de mes études d’histoire de l’art, j’ai réalisé deux toiles acryliques à destination d’un ami. Notre enfance et parcours scolaire étaient en parfaite opposition. Il était autant scientifique que j’étais attirée par les arts et autant citadin que j’étais rurale pourtant la même énergie contestataire propre à tout jeune adulte nous animait et j’ai un jour décidé de la représenter sur châssis. Lui était amateur passionné des Pink Floyd et auteur d’un dossier sur l’oeuvre The Wall, et moi j’étais fascinée par les peintures expressionnistes et par leurs précurseurs. Entre Edward Munch et Roger Waters, il y a (étonnamment) un point commun indéniable : l’angoisse absolue symbolisée par un CRI. 

 

cri munch

Skrik, Edward Munch, 1993 (91 x 73.5) Oslo

Je n’ai jamais interprété cette oeuvre comme étant le dessin du cri de la créature du premier plan. Si ce personnage androgyne auquel tout le monde peut s’identifier ouvre ainsi la bouche, c’est pour pour formuler un « OH » de saisissement ; cette fameuse bouche ouverte de stupéfaction ou d’effroi lorsque plus aucun son ne parvient à s’en extraire face à une situation bouleversante. Et si cet être un peu étrange plaque ses mains ainsi sur sa tête, ça n’est pas pour s’arracher les cheveux (qu’il n’a pas) durant son cri mais bien pour boucher ses oreilles et tenter d’atténuer un minimum le hurlement du monde. Car c’est bien le monde qui explose en rouge, orange et jaune, qui crie et qui hurle à s’en déformer lui-même par ondulations (ondes sonores ou ondes de choc ? ). Un traumatisme que l’artiste norvégien mis cinq fois en image. Un traumatisme que tous ne parviennent pas à réaliser comme le prouvent les deux figures nonchalantes qui déambulent en devisant à l’arrière-plan, totalement aveugles et sourdes à la détresse de leur propre univers. 

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wall-poster

Affiche du film The Wall réalisé en 1982 par Allan Parker

Quant à l’affiche du film incroyable The Wall qui a été réalisé bien après la sortie de l’album éponyme, Il s’agit, à l’inverse, de la matérialisation du cri de la conscience humaine qui tente désespérément de s’extraire de la prison morale dans laquelle elle est confinée et qui est symbolisée dans l’oeuvre par le grand mur (de la pensée) représenté sur les pochettes des albums. Le commentaire de ce cri-là pourrait prendre vraiment longtemps et une tournure encore plus conceptuelle donc je m’arrête là. 

Pink_Floyd_-_The_Wall

Jaquette du double album The Wall des Pink Floyd sorti en 1979

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Voici ma propre réinterprétation de ces cris à cette époque (Pardonnez l’approximation du pinceau, vous savez que je suis plus douée pour l’abstrait… et bien c’était encore plus vrai à ce moment !) :

cri 1

cri 2

Ces deux toiles ne font qu’une seule oeuvre et elles ornent encore aujourd’hui le mur du salon de mes amis pour mon plus grand plaisir et pour la plus grande stupéfaction des visiteurs qui ne peuvent s’empêcher d’en demander l’explication. 

cris

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Plus je contemple les originaux plus je les trouve en adéquation avec la situation actuelle.

Je n’ai rien créé cette semaine, je me suis contentée de vous faire part d’une pensée. J’espère que vous m’en excuserez et ne vous en offenserez pas. Promis, je tente de redonner de l’activité aux petites boules de couleurs délaissées sur mon plan de travail pour la prochaine publication. 

Cette fois-ci je ne vous souhaite que de la douceur et des rires. 

Prenez soin de vous et à la semaine prochaine. 

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Pourquoi ces murs ? Pourquoi ces yeux ? Pourquoi ces couleurs ?

Ben… à vrai dire, ce n’est pas très compliqué. L’intégralité de notre monde est toujours enfermée à l’intérieur de hautes murailles ; qu’elles soient matérielles ou métaphoriques, elles demeurent. Aujourd’hui, nous avons l’habitude d’émettre ponctuellement le genre de déclaration qui met en avant notre liberté de penser et nos consciences libres. (Quoi que…) Pourtant, ici, les yeux, évoluant abandonnés des autres parties du visage, témoignent de la déchirure éprouvée lorsque notre esprit se libère tandis que notre carcasse reste collée à son espace clos et bassement nécessaire.  Ces yeux, miroirs de la conscience visent un idéal apparemment inaccessible et tristement indéfini. Notre capacité à constamment nous figer face aux barrières que nous cherchons en même temps à surmonter constitue notre force la plus capricieuse et la plus méritante. Pourvu que l’on ne se perde jamais au cœur de ce jeu éternel… Et pourvu qu’on le poursuive toujours… 

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Au cœur de notre système, l’astre roi bouillonne, réchauffant les hommes, permettant la nature et illuminant le ciel. Il est à la fois essentiel et inatteignable.

Cherchant constamment sa place et se fabriquant de la chance lorsqu’elle en a besoin, l’humanité tend les bras vers la splendeur inaccessible, rêvant secrètement du jour où elle aussi parviendra à tracer son chemin à travers les étoiles sans se brûler les ailes.

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Est-il bien nécessaire de délier cette composition simple dans une interprétation dont la longueur risquerait largement d’entacher un message clairement mis en couleur ? Je me contenterai simplement d’ajouter qu’ouvrir les yeux sur le monde signifie surtout les fermer aux a priori. Et pour ceux qui se posent la question sur l’arc-en-ciel, il est vrai que cette toile a été peinte dans un contexte de débat politico-social autour de la question de l’homosexualité, mais je suis obligée de reconnaître qu’à ce moment-là,  j’écoutais aussi un peu trop les Pink Floyd…