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     Bonjour à tous. 

     Et oui, je sais, vous êtes bouche-bée, n’est-ce pas ? 

     Vous venez d’ouvrir votre boîte mail et de considérer, la bouche ouverte et le sourcil en l’air, le courriel annonçant la rédaction d’un nouvel article sur ce blog et ce, seulement 2 SEMAINES après le dernier ! Incroyable, je sais. Moi aussi, ça m’a fait ça quand j’ai consulté le calendrier, j’en étais toute boulversifiée… 

     Et là vous cherchez des réponses, c’est normal.

     Mais comment diantre, a-telle donc fait ?!? Est-elle parvenue à profiter du changement d’heure pour en rajouter, discrètement, quelques unes à ses journées ? A-t-elle vendu ses enfants ? Ou bien a-t-elle juste envie de nous parler sans rien avoir à nous montrer ?… 

     Et bien BOUH à vous ! Mauvaises langues que vous êtes ! (Non mais ça va bien de nous eng… comme ça, oui ?)

     Non, je n’ai pas vendu mes merveilleux chatons énergivores et non, je n’ai pas trouvé d’alternative concrète au manque d’heures que rencontre la plupart de nos journées. Toutefois, je m’en rapproche puisque j’ai découvert récemment un nouveau moment à exploiter dans le diurne déroulement de mon temps : la sieste ! (Pas la mienne, BIEN ENTENDU ! Auquel cas… ça n’aurait aucun intérêt… enfin en tout cas pas pour vous.) Au moins deux fois par jour, mademoiselle choupette et son ami le ouistiti me permettent de m’éclipser discrètement dans mon atelier et j’en suis… HEUREUSE ! 

     À travers les Ateliers de la Caravelle, je fais découvrir, comme vous le savez, la pâte polymère aux plus jeunes via la fabrication de boutons, de perles et de porte-clefs qui accompagnent la création des divers sacs.

     Lors de certaines manifestations, je dois être capable d’enchaîner les ateliers avec des participants spontanés au fur et à mesure qu’ils passent le seuil de la salle dans laquelle je fourmille et ce, en gérant le mieux possible le délicat sujet … des cuissons en décalé. Si, jusqu’à présent, je suis parvenue à ne faire brûler aucune de leurs pièces, je n’en ai pas moins éprouvé quelques sérieux coups de chaud qui m’ont poussé à chercher une alternative à cette contrainte technique. Étant donné la possibilité pour notre association de travailler en plain air, j’ai décidé d’effectuer quelques tests sur un matériau qui m’intrigue depuis un moment déjà, la pâte AUTODURCISSANTE ! (Et ce, même si mon correcteur orthographique nie parfaitement l’existence de ce substantif.)

     Alors… si je puis me permettre… l’appellation « autodurcissante » est un poil exagérée… Si on considère la fragilité de la matière, disons que « autoséchante », bien que très laid, comme formulation, serait largement plus appropriée. 

     Je me suis incroyablement amusée avec cette mousse légère qui aborde toutes les qualités d’une balle ANTI-STRESS.

     Lorsqu’on a l’habitude de travailler une pâte aussi exigeante à malaxer que la polymère, on est presque perdu à écraser entre ses doigts une matière aussi fluide, aussi légère et aussi malléable. 

     Afin de tester le comportement de ce nouveau jouet, j’ai abordé divers approches et techniques simples dont je vous partage le résultat sans plus tarder. 

     Pour plusieurs raisons, (prix, composition, et surtout et vitesse de séchage extérieur) j’ai choisi de tester cette marque (en blanc)

     Et deux paquets de couleur tout de même : 

     Pour commencer, j’ai mélangé mes pâtes et j’ai cherché à réaliser un dégradé avec les tons intermédiaires préparés et cela marche très bien : 

C’est ensuite que cela se complique un chouïa. 

     En tant que polymériste, mon premier désir était, bien entendu de tenter les canes rapides de base. Je me suis donc lancée et en essayant d’aller le plus rapidement possible, j’ai préparé une cane dégradée et une cane iris. Euh… autant vous le dire tout de suite, cette pâte n’est absolument pas prévue pour ! 

     Outre le naturel de sa composition et sa légèreté, sa plus grande qualité réside dans son temps de séchage. 15 minutes à l’extérieur et 24 h au cœur. Et 15 minutes… et BEN C’EST FICHTREMENT RAPIDE !!!!! Trop rapide pour espérer faire adhérer les tranches de canes les unes aux autres sur une boule ou une plaque. De toute façon, la matière est bien trop molle pour parvenir à obtenir des tranches de cane correctes. 

     De plus, si le problème n’est pas flagrant à la réalisation, il se révèle catastrophique au séchage puisque la pâte connaît une légère rétractation lorsque l’humidité s’en échappe, créant de magnifiques fissures entre chaque tranche. 

     Le plus simple est donc d’exploiter rapidement les plaques dégradées à l’emporte-pièce : 

     Oui mais voilà, cette mousse extraordinairement légère est également formidablement fragile. Travailler des fines épaisseurs comme cela avec des enfants garantit une durée de vie aux pièces d’environ… quelques heures. C’est pourquoi j’ai décidé de monter mes formes dans l’autre sens comme vous pouvez l’observer sur le modèle ci-dessus. 

     Après cette première expérience pleine de questions, de « Oooh ! » et de « Aaaah, d’accord », j’ai réfléchi d’avantage aux couleurs et au problème de me fournir et d’ouvrir de nombreux paquets différents lors des ateliers sous peine de voir la grande majorité de cette matière sécher ensuite pour partir à la poubelle. L’idéal est donc de se fournir en blanc de manière importante et de fabriquer ses propres teintes.

    Voici donc l’essai numéro 2, la colorisation. 

     La peinture acrylique fonctionne à merveille. De plus, l’eau qu’elle contient ralentit un tantinet la vitesse de séchage pour une manipulation légèrement prolongée de la pâte. 

     L’avantage de cette alliance est de pouvoir utiliser la peinture des Ateliers de la Caravelle au moment où les participants en sont à l’étape de la décoration peinte de leur sac ou pochette pour un mariage parfait des deux matériaux. 

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     La poudre de craie sèche fonctionne également et est largement moins salissante (oui mais du coup… c’est tout de même beaucoup moins drôle à patouiller) mais elle ne donne permet pas de sortir en dehors des couleurs pastels. 

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     Les brushos permettent une couleur un tout petit peu plus prononcée mais lorsqu’on voit à quel point ils tâchent les doigts et les vêtements, leur utilisation par des petits est à proscrire. 

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     Brushos + paillettes = mauvais goût : 

     L’idéal est donc d’utiliser la peinture acrylique et de permettre  ainsi de créer toutes les couleurs voulues.

     La grande inconnue sera de voir si je suis capable de faire travailler les enfants assez rapidement pour qu’ils puissent manipuler correctement la pâte avant qu’elle ne commence à sécher. 

     Ce qui est assez ironique c’est que j’ai testé cette matière afin de m’ôter une contrainte de gestion des trop longs temps de cuisson et je risque de me retrouver à gérer une contrainte de temps trop rapide de séchage… (jamais contente… toutefois, vous noterez quand même le léger cynisme de la chose.)

     Sinon, d’une manière générale, j’ai vraiment été conquise par ce matériau qui doit être le plus léger que je n’ai jamais vu !

     D’autres essais m’attendent certainement mais je pense d’ores et déjà que je vais l’exploiter dans les semaines à venir. (J’imagine déjà la légèreté des mobiles et autres suspensions à réaliser avec ça !)

     Je vous laisse ici et je m’en vais (re)-ranger mon atelier en prévision de la journée d’atelier sur le kaléidoscope de samedi. (Entre nous… heureusement qu’il y a régulièrement ces journées de stage pour m’obliger à empêcher cet espace de sombrer dans le chaos le plus total.) La session de la semaine dernière a été bien chargée et très productive mais je vous confierai tout ça plus en détails la prochaine fois. 

     En attendant, prenez toujours soin de vous et bonne chasse ! 

     MC