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Une journée « type »

     Ah, elles n’étaient pas top, ces vacances de février… pas assez de froid pour avoir de la neige, pas assez chaud pour profiter de l’extérieur… non, vraiment, dans le genre vacances moisies, ça se posait là.

     Heureusement, une petite semaine d’école, histoire de relancer la machine et BAM ! Des nouvelles vacances ! Et alors celles-ci, elles sont top ! Non seulement il fait beau mais en plus, on voit papa et maman comme jamais ! C’est d’ailleurs dingue, ils sont toujours là ! Ah non, attendez, je me perds… non, moi, j’étais là avant, je devais bosser dans mon atelier… non non, ce sont les enfants qui n’étaient pas censés être là… Bon, ben… du coup, ils sont là, nous sommes là et… on verra personne d’autre avant un p’tit moment alors la question qu’on se pose TRÈS légitimement et ce, peu importe à quel point on les aime, est la suivante :

« Comment  survivre en confinement avec des enfants ? »

     Alors, je parlerai selon mon expérience, bien évidemment, et cela ne concernera pas tous les lecteurs puisque je suis maman de deux enfants de 2ans et demi et de 5 ans et demi (hum… d’ici la fin du confinement, ils auront peut-être 3 et 6 ans et moi, un sacré coup de vieux, mais enfin…) mais cela donnera peut-être aux autres quelques pistes tout de même.

     Bon, le mot clef est le même que dans à peu près… heu… tous les domaines de la vie ou presque :

ORGANISATION

     Lorsque je parle d’organisation, je ne l’envisage pas comme une contrainte mais bien comme une véritable AIDE. L’organisation peut être ludique et jouer un rôle central dans une cellule familiale vouée à se regarder dans le fond des yeux durant des semaines. (je reste positive…)

     Donc, à peine la maîtresse ayant rempli les cartables et souhaité bon courage aux parents, que nous nous sommes attelés, les enfants et moi à la confection d’un organiseur qui trône désormais au centre de l’espace de vie. Qu’est-ce que j’appelle un organiseur ? Il s’agit d’un tableau mural fixe sur lequel les enfants vont venir accrocher toutes sortes de choses qui témoigneront soit de ce qu’ils ont fait dans la journée, soit de ce qu’ils ont envie de faire. Il peut revêtir autant de formes et de contenus différents qu’il convient à votre famille et aux capacités de votre tiroir de bricolage. J’avoue qu’étant artisan créateur et bricoleuse permanente, je pars avec une longueur d’avance, niveau matériel. Je ne ferai aucun chiffre d’affaire durant un moment mais je peux aisément me convertir en maman au foyer/maîtresse/puéricultrice enfin… du moment que ça ne dure pas un an non plus.

     Donc, laissez-moi vous présenter notre organiseur :

     L’activité commence dès sa fabrication. Le but est de réaliser un panneau avec divers zones, (trois ici, mais vous pouvez imaginer une autre organisation de votre temps) une pour la date et la météo, une pour le matin et une pour l’après-midi. Les supports peuvent être très variés ; cela va du calendrier ou du morceau d’emballage carton aux feuilles de canson ou autre scotchées ensemble. L’idée est d’avoir au moins un format A3.

     Délimitez vos zones (peinture, collages, textures… laissez parler vos goûts en fonction de ce qui est à votre disposition) puis demandez aux enfants de fabriquer la roue des jours et de préparer les étiquettes. Ils peuvent les dessiner, puiser dans leurs autocollants, découper dans des magazines et coller sur une feuille ou sur des morceaux de cartons etc… Pour les illustrations qui font défaut, un petit tour sur internet et une impression et le tour est joué. En ce qui nous concerne, mademoiselle Choupette s’est concentrée à coller des autocollants choisis dans un grand quadrillage sur une feuille A4 pendant que monsieur Ouistiti usait du bâton de colle pour fixer des images découpées sur une feuille. Ensuite, tout dépend de votre support. Nous avons utilisé de la feutrine et nous avions des scratchs dans notre mallette magique mais de la pâte à fixe sur du carton fait tout aussi bien l’affaire. Comme nous avons une petite plastifieuse (oui, ça fait partie des ressources improbables de mon atelier), nous nous sommes contentés de papier simple mais je vous conseille d’utiliser un papier épais type bristol, canson ou carton fin (les boîtes de céréales et de gâteau sont au top pour ça)

     L’intérêt de cet organiseur ne s’est pas fait attendre ; tous les matins, ils se ruent dessus et fouillent dans la boîte à étiquettes. Chacun à son rôle, le grand ouistiti choisi la date et la p’tite choupette va regarder dehors pour afficher la bonne météo (bon, d’accord, elle n’utilise pas beaucoup d’autre étiquette que le grand soleil pour l’instant mais… on ne va pas s’en plaindre !) et ensuite, chacun y va de son programme, entre celui qui a besoin de ses rituels et celle qui laisse exploser ses envies, ils trouvent un équilibre. De temps en temps, vous rajouter des nouvelles étiquettes qu’ils découvriront avec intérêt et vous verrez qu’ils vous  feront des demandes spécifiques. 

     Si vous utilisez la pâte à fixe, ne rangez pas vos étiquettes dans une boîte mais collez-les toutes sur un carton accessible. 

     Le but n’est pas de réaliser tout ce qu’il y a sur le tableau mais que les enfants se l’approprient. Cela leur donne un cadre (et bon sang qu’ils en demandent, du rituel et du cadre !) un cadre pas trop serré pour que ça ne les gêne pas mais assez présent pour qu’ils soient rassurés et sachent à peu près où on va dans cette nouvelle journée.

     Vient ensuite le découpage de la journée.

     La difficulté est d’accompagner deux enfants qui n’ont pas le même âge et donc, les mêmes demandes au même moment. Comme une grande place de la matinée est occupée par l’école du plus grand (CP, ça va, je gère encore, même les maths !), une fois le petit déjeuner terminé, nous entamons la journée par une des activités favorites de la Choupette : les comptines. (Oui, ben ça va, vous chantez, quoi, t’as rien inventé… Ben non, mais en fait j’invente rien du tout… je choisi, j’expérimente et je synthétise, c’est tout. En plus, ça me donne l’impression de parler à des autres adultes et ça fait quand même un peu du bien!).

     Ceux qui ont encore des petits à la crèche connaissent peut-être le sac à comptines ! C’est archi-simple et ça marche à tous les coups et TOUS les jours (je rappelle qu’elle n’aura bientôt que 3 ans). Il s’agit de prendre un grand sac en tissu de se promener dans la maison (avec l’enfant, c’est encore mieux, il s’amuse déjà et a plus d’associations d’idées que nous) pour y trouver des objets qui font références à une comptine que l’enfant connait. Rien de plus simple, vous en avez dans toutes les pièces. Rien qu’avec les animaux et les bonhommes de duplo, peluches, ou jeux de toutes sortes vous pouvez vous confectionner un sac d’enfer. Attention à ne pas trop en mettre chaque jour dans le sac car les tout-petits ne veulent pas arrêter tant que le sac n’est pas vide mais les plus grands, eux, se lassent au bout du troisième jour avec les même comptines. À vous de trouver le bon équilibre. Aujourd’hui, le Ouistiti joue un coup aux légos pendant que la Choupette et moi chantons tranquillement.

     Vient ensuite le moment de l’école … et alors, euh, comment dire… c’est assez simple de stimuler un enfant en classe de CP ; un livre, une règle, des feuilles, des ciseaux, une dictée quelques opérations sur un tableau bref… quand on a en plus comme nous une maîtresse au top qui nous envoie de quoi travailler par mail, impec. En revanche, on n’a pas reçu le manuel qui dit comment occuper le plus petit qui est à côté et qui n’est pas vraiment d’accord pour rester une heure assis sur une chaise ou un coussin à faire un coloriage… Donc c’est là que la créativité du parent prend toute sa dimension !

     J’ai déjà testé quelques idées et je vous en ferai part si cela vous intéresse mais internet et Pinterest (surtout Pinterest !) regorge d’idées d’activités pour tout âge à réaliser avec trois fois rien à la maison. (Du moment que vous avez du carton, du bicarbonate de soude, de la farine, du vinaigre et des colorants alimentaires vous pouvez presque vous proclamer le maître de l’univers ! Enfin… le maître de l’univers de confinement avec des enfants ! Ça, c’est sûr.) Le tout est d’être prêt pour le matin suivant et d’avoir au moins 3 ou 4 activités à proposer en semi-autonomie au plus petit pour pouvoir accompagner le plus grand dans ses exercices.

     Voilà, il reste à peine le temps pour un jeu ensemble, une activité choisie sur le tableau et il sera déjà l’heure d’aller préparer le repas. Comme vous avez été présents durant la matinée auprès d’eux, ils ne rechigneront pas à faire un peu de jeu libre tout seuls en attendant le repas.

     Voilà la moitié de journée de passée. Pour la seconde, les possibilités sont infinies même cloîtrés, même sans terrain en ville, surtout ne vous découragez pas et actionnez votre radar à bricolage. Ah oui, j’allais oublier la mesure n°1 à prendre :

NE VIDEZ PLUS VOTRE POUBELLE DE TRI SÉLECTIF !!!

    Je pioche déjà très très régulièrement dedans tout au long de l’année mais alors depuis une semaine, c’est ma malle à trésors !!!! 

    Sans rire, visez un peu nos robots en bouchons et bouteilles :

    (Avis aux polyméristes : C’est le moment d’exploiter les perles et les pièces cuites que vous savez, au fond de vous que vous n’utiliserez jamais par plaisir !)

     Je vous propose à présent ici deux activités que nous avons faites en intérieur et qui ont fonctionné parfaitement :

     La pâte à modeler maison : 

ingrédients : 

1 tasse de farine

1 demi tasse de sel

1 demi tasse de bicarbonate de soude

1 cuillère à café d’huile végétale neutre

1 tasse d’eau tiède

une casserole et une cuillère en bois

colorants alimentaires

Mélangez tous les ingrédients secs dans une casseroles à feu moyen.

Ajoutez rapidement la cuillère d’huile et l’eau. 

Tournez assez énergiquement avec une cuillère en bois jusqu’à ce que la pâte se détache des bords de la casserole. (ça ne prend pas plus de quelques minutes)

Dès que c’est fait (et même si vous avez l’impression que c’est encore un peu collant), retirez du feu et placez la pâte dans un récipient froid. 

Lorsqu’elle a un peu refroidi, divisez votre pâte en autant de couleur que vous voulez et procédez au patouillage extrême des colorants alimentaires mêlés à cette pâte à sel super bizarre. 

Laissez reposer un ti coup et JOUEZ ! 

Conservez-la dans un boîte en plastique hermétique type boîte de glace ou tupperware. Ici, nous avons utilisé les anciens pots de peinture à doigts GIOTTO® (Oui, je garde mes poubelles bleues depuis… très… longtemps…. et vous savez quoi ? je GAGNE ! Mon mari est dégoûté de la légitimité que j’ai trouvée à conserver autant de « déchets » hi hi !)

Faites toutefois attention, gardez à l’esprit qu’il s’agit d’une pâte naturelle réalisée sans additif et composant conservateur donc si vous ne jouez pas avec tous les jours, pensez à laisser les pots ouverts  après avoir retourné la pâte dedans 1 à 3 heures tous les 2 ou 3 jours. (Rien de contraignant mais il faut juste y penser… parce que sinon…. le jour où votre petit décidera soudainement qu’il a envie de jouer avec la pâte fabriquée il y a 2 semaines, vous allez fébrilement ouvrir le pot et WOUF ! Vous prendre un méchant fumet dans le museau ! Je parle par expérience… Ah bah oui… c’est imperméable…(sentiment de lassitude)). 

Allez, je vous en donne un deuxième parce que’il a super bien marché… Mon seul regret est de n’avoir pensé à prendre la photo qu’aujourd’hui pour cet article et la dite peinture ayant déjà été exploitée par les deux loupiots, le rendu est moins présentable. Mais avant que la Choupette ne se lance dans des expérimentations coloristes, c’était beaucoup plus vendeur !

note : Cette recette-là peut être réalisée avec un enfant de 6 ans sans problème. 

Peinture aquarelle maison

ingrédients : 

4 cuillerées à soupe de bicarbonate de soude

2 cuillerées à soupe de vinaigre blanc 

2 cuillerées à soupe de fécule de maïs

1:2 cuillerée à soupe de miel liquide

des colorants alimentaires 

1 bac à glaçon (ou des petits récipients)

1 bol

 

Dans votre bol, mélangez le bicarbonate, le vinaigre, la fécule et le miel. 

Touillez (oui, je suis dans le jura) l’ensemble de manière à avoir un mélange homogène et répartissez dans les compartiments du bac à glaçon ou dans d’autres récipients. verse les colorants alimentaires goutte à goutte pour réaliser tes mélanges et obtenir des couleurs plus ou moins soutenues. Mélangez chaque couleur à l’aide d’un cure-dent. 

Laissez sécher au moins 2 jours avant de vous en servir (si ça n’est pas assez sec en-dessous de la surface; vous risquez de peindre avec des grumeaux… c’est un style.) 

   

 Je vous partage ici une seconde recette que je n’ai pas pu tester (comme quoi mon atelier ne regorge finalement pas de TOUS les matériaux utiles (et quand on voit la banalité du produit alors qu’on a une plastifieuse, on a de quoi se scandaliser…)) Ouh là là, je recommence à user des parenthèses… BREF ! JE N’AI PAS DE CRAIE !!!! Donc, si vous aviez la gentillesse de tester pour moi cette recette qui à l’air tout de même un peu simple, surtout, n’hésitez pas en m’en faire les retours. (Toutefois, j’ai l’impression qu’elle utilise pas mal de jaunes d’œufs… j’espère que vous aimez les meringues ? Peut-être qu’on peut diviser les jaunes en fonction de la quantité de peinture souhaitée?)

Peinture aquarelle à l’oeuf

ingrédients : 

Craies de couleur écrasées

Eau

Jaunes d’œufs

1 plaque de moules en silicone ou des petits bols 

 

Déposez les craies écrasées par couleur dans le fond des alvéoles de votre plaque de moules ou dans les petits bols. 

Ajoutez quelques gouttes d’eau laissez les craies détremper pendant 1 heure. 

vérifiez qu’il en reste pas de gros grumeau et ajoutez un jaune d’œuf dans chaque alvéole. Mélangez bien, apparemment, c’est prêt. (peux pas vous dire… ai pas testé.)

 

     Voilà pour aujourd’hui. Avec les enfants, nous testons de nouvelles choses tous les jours, alors n’hésitez pas à me dire si vous voulez en savoir un peu plus. 

     (Tout ce que je peux vous dire c »st que nous sommes sur le chantier d’un théâtre de marionnettes en carton véritable et que nous suivons de prêt une course à la pousse entre des lentilles et un vieux reste de gazon retrouvé dans la cave ! Le suspense est complet !)

     Allez, gardez le moral, c’est l’occasion de vivre quelque chose d’intimement grand en famille et en plus, la pollution MONDIALE en prend un sacré coup dans l’aile alors souriez, restez chez vous et CRÉEZ ! 

     Prenez soin de vous et à bientôt ! 

     Marie-Charlotte C.

     Bonjour à tous. 

     Et oui, je sais, vous êtes bouche-bée, n’est-ce pas ? 

     Vous venez d’ouvrir votre boîte mail et de considérer, la bouche ouverte et le sourcil en l’air, le courriel annonçant la rédaction d’un nouvel article sur ce blog et ce, seulement 2 SEMAINES après le dernier ! Incroyable, je sais. Moi aussi, ça m’a fait ça quand j’ai consulté le calendrier, j’en étais toute boulversifiée… 

     Et là vous cherchez des réponses, c’est normal.

     Mais comment diantre, a-telle donc fait ?!? Est-elle parvenue à profiter du changement d’heure pour en rajouter, discrètement, quelques unes à ses journées ? A-t-elle vendu ses enfants ? Ou bien a-t-elle juste envie de nous parler sans rien avoir à nous montrer ?… 

     Et bien BOUH à vous ! Mauvaises langues que vous êtes ! (Non mais ça va bien de nous eng… comme ça, oui ?)

     Non, je n’ai pas vendu mes merveilleux chatons énergivores et non, je n’ai pas trouvé d’alternative concrète au manque d’heures que rencontre la plupart de nos journées. Toutefois, je m’en rapproche puisque j’ai découvert récemment un nouveau moment à exploiter dans le diurne déroulement de mon temps : la sieste ! (Pas la mienne, BIEN ENTENDU ! Auquel cas… ça n’aurait aucun intérêt… enfin en tout cas pas pour vous.) Au moins deux fois par jour, mademoiselle choupette et son ami le ouistiti me permettent de m’éclipser discrètement dans mon atelier et j’en suis… HEUREUSE ! 

     À travers les Ateliers de la Caravelle, je fais découvrir, comme vous le savez, la pâte polymère aux plus jeunes via la fabrication de boutons, de perles et de porte-clefs qui accompagnent la création des divers sacs.

     Lors de certaines manifestations, je dois être capable d’enchaîner les ateliers avec des participants spontanés au fur et à mesure qu’ils passent le seuil de la salle dans laquelle je fourmille et ce, en gérant le mieux possible le délicat sujet … des cuissons en décalé. Si, jusqu’à présent, je suis parvenue à ne faire brûler aucune de leurs pièces, je n’en ai pas moins éprouvé quelques sérieux coups de chaud qui m’ont poussé à chercher une alternative à cette contrainte technique. Étant donné la possibilité pour notre association de travailler en plain air, j’ai décidé d’effectuer quelques tests sur un matériau qui m’intrigue depuis un moment déjà, la pâte AUTODURCISSANTE ! (Et ce, même si mon correcteur orthographique nie parfaitement l’existence de ce substantif.)

     Alors… si je puis me permettre… l’appellation « autodurcissante » est un poil exagérée… Si on considère la fragilité de la matière, disons que « autoséchante », bien que très laid, comme formulation, serait largement plus appropriée. 

     Je me suis incroyablement amusée avec cette mousse légère qui aborde toutes les qualités d’une balle ANTI-STRESS.

     Lorsqu’on a l’habitude de travailler une pâte aussi exigeante à malaxer que la polymère, on est presque perdu à écraser entre ses doigts une matière aussi fluide, aussi légère et aussi malléable. 

     Afin de tester le comportement de ce nouveau jouet, j’ai abordé divers approches et techniques simples dont je vous partage le résultat sans plus tarder. 

     Pour plusieurs raisons, (prix, composition, et surtout et vitesse de séchage extérieur) j’ai choisi de tester cette marque (en blanc)

     Et deux paquets de couleur tout de même : 

     Pour commencer, j’ai mélangé mes pâtes et j’ai cherché à réaliser un dégradé avec les tons intermédiaires préparés et cela marche très bien : 

C’est ensuite que cela se complique un chouïa. 

     En tant que polymériste, mon premier désir était, bien entendu de tenter les canes rapides de base. Je me suis donc lancée et en essayant d’aller le plus rapidement possible, j’ai préparé une cane dégradée et une cane iris. Euh… autant vous le dire tout de suite, cette pâte n’est absolument pas prévue pour ! 

     Outre le naturel de sa composition et sa légèreté, sa plus grande qualité réside dans son temps de séchage. 15 minutes à l’extérieur et 24 h au cœur. Et 15 minutes… et BEN C’EST FICHTREMENT RAPIDE !!!!! Trop rapide pour espérer faire adhérer les tranches de canes les unes aux autres sur une boule ou une plaque. De toute façon, la matière est bien trop molle pour parvenir à obtenir des tranches de cane correctes. 

     De plus, si le problème n’est pas flagrant à la réalisation, il se révèle catastrophique au séchage puisque la pâte connaît une légère rétractation lorsque l’humidité s’en échappe, créant de magnifiques fissures entre chaque tranche. 

     Le plus simple est donc d’exploiter rapidement les plaques dégradées à l’emporte-pièce : 

     Oui mais voilà, cette mousse extraordinairement légère est également formidablement fragile. Travailler des fines épaisseurs comme cela avec des enfants garantit une durée de vie aux pièces d’environ… quelques heures. C’est pourquoi j’ai décidé de monter mes formes dans l’autre sens comme vous pouvez l’observer sur le modèle ci-dessus. 

     Après cette première expérience pleine de questions, de « Oooh ! » et de « Aaaah, d’accord », j’ai réfléchi d’avantage aux couleurs et au problème de me fournir et d’ouvrir de nombreux paquets différents lors des ateliers sous peine de voir la grande majorité de cette matière sécher ensuite pour partir à la poubelle. L’idéal est donc de se fournir en blanc de manière importante et de fabriquer ses propres teintes.

    Voici donc l’essai numéro 2, la colorisation. 

     La peinture acrylique fonctionne à merveille. De plus, l’eau qu’elle contient ralentit un tantinet la vitesse de séchage pour une manipulation légèrement prolongée de la pâte. 

     L’avantage de cette alliance est de pouvoir utiliser la peinture des Ateliers de la Caravelle au moment où les participants en sont à l’étape de la décoration peinte de leur sac ou pochette pour un mariage parfait des deux matériaux. 

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     La poudre de craie sèche fonctionne également et est largement moins salissante (oui mais du coup… c’est tout de même beaucoup moins drôle à patouiller) mais elle ne donne permet pas de sortir en dehors des couleurs pastels. 

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     Les brushos permettent une couleur un tout petit peu plus prononcée mais lorsqu’on voit à quel point ils tâchent les doigts et les vêtements, leur utilisation par des petits est à proscrire. 

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     Brushos + paillettes = mauvais goût : 

     L’idéal est donc d’utiliser la peinture acrylique et de permettre  ainsi de créer toutes les couleurs voulues.

     La grande inconnue sera de voir si je suis capable de faire travailler les enfants assez rapidement pour qu’ils puissent manipuler correctement la pâte avant qu’elle ne commence à sécher. 

     Ce qui est assez ironique c’est que j’ai testé cette matière afin de m’ôter une contrainte de gestion des trop longs temps de cuisson et je risque de me retrouver à gérer une contrainte de temps trop rapide de séchage… (jamais contente… toutefois, vous noterez quand même le léger cynisme de la chose.)

     Sinon, d’une manière générale, j’ai vraiment été conquise par ce matériau qui doit être le plus léger que je n’ai jamais vu !

     D’autres essais m’attendent certainement mais je pense d’ores et déjà que je vais l’exploiter dans les semaines à venir. (J’imagine déjà la légèreté des mobiles et autres suspensions à réaliser avec ça !)

     Je vous laisse ici et je m’en vais (re)-ranger mon atelier en prévision de la journée d’atelier sur le kaléidoscope de samedi. (Entre nous… heureusement qu’il y a régulièrement ces journées de stage pour m’obliger à empêcher cet espace de sombrer dans le chaos le plus total.) La session de la semaine dernière a été bien chargée et très productive mais je vous confierai tout ça plus en détails la prochaine fois. 

     En attendant, prenez toujours soin de vous et bonne chasse ! 

     MC

     – Ohé !!!

               (Ben qu’est-ce qui lui prend, aujourd’hui ?)

     – Y-a-t-il encore quelqu’un par là ?

               (Ben… on est abonné à ton blog, marie, en fait donc euh….)

     – Oui ? Aaaah, merci à vous d’être si patients !

               (On n’a pas vraiment le choix, c’est toi qui écrit les articles… et pour ta gouverne, notre patience s’use doucement.)

     7 semaines !!! Sept longues semaines de pluie durant lesquelles je n’ai pas rédigé une seule ligne de ma fimotesque chronique ni malaxé un seul petit morceau de pâte… SNIF…

     La création à proprement parler n’a tout de même pas quitté ma sphère d’activité, non ! Loin de là. Disons qu’elle s’est déplacée du domaine de la polymère à d’autres champ d’expression et si je ne vous ai pas fait part de mes récentes activités artistiques en tout genre, c’est parce que je me suis formellement interdit de transformer ce blog créatif en un site de maman bricoleuse. Non pas que je n’aime pas ce genre de chose, les pages de celles qui prennent le temps de nous faire partager leurs trouvailles, leur imagination et leurs astuces sont parfois une vraie source de petits bonheurs à lire, mais j’ai toujours dans l’idée de consacrer cet endroit à l’exploration du monde des formes et des couleurs et des volumes à travers ce si particulier matériau qu’est la pâte polymère.

     Je m’abstiendrai donc de vous présenter mon récent travail de découpage de carton, de fabrication de théâtre de marionnettes ET des marionnettes qui vont avec, de coffre à trésor de pirate, de pots en crayon-monstres et autres chasses au trésors d’intérieur qui ont été nécessaires à l’occupation de deux semaines de vacances PLUS une semaine de gastro familiale (Oui, je sais, ma vie est dingue ! C’en est presque indécent d’exotisme !) Non, en ce lieu je tiens à continuer de centrer mon propos sur mon thermodurcissable favori. 

     Récemment, ce challenge s’est révélé trop ardu à relever et mes pains de pâte commencent à sécher tristement sur mon plan de travail délaissé. Comme je ne m’étais pas figurée abandonner ma table durant une si longue période, j’avais, bien entendu pris grand soin de tout laisser en l’état, c’est-à-dire, éparpillé à l’air et dans une approximative organisation de l’espace. À présent je comprends que tant que je m’occuperai de mes enfants, notamment de mademoiselle choupette, le travail se fera attendre.

     Le défi d’aujourd’hui consiste donc à vous parler de création polymère sans avoir fabriqué de nouvelle pièce. L’intégralité de mon existence actuelle gravitant autour de l’univers des petits, il est évidemment logique qu’il s’agira là de mon sujet du jour que je m’efforcerai de vous rendre le plus polymériste possible. 

     Pour commencer, voici, à l’adresse de celles et ceux qui ne suivent pas forcément l’activité (euh… c’est là un terme général…) de ma page FaceBook un petit exercice d’identification.

     Selon vous, de quoi s’agit-il ? 

     En postant cette image, j’étais loin d’imaginer l’inventivité dont vous alliez faire preuve.

     J’adore l’effet perturbant et la perte de repères que procure le cliché en macro. Cette échelle difficilement lisible libère votre imagination et permet à votre esprit vagabond de s’autoriser des associations d’idées parfaitement et formidablement incongrues.

     Tout y est passé, des encres figées dans l’alcool aux épluchures de fruits ou légumes jusqu’à ce qu’une autre patouilleuse identifie ce qu’elle aussi avait sur son plan de travail, près de sa perceuse. Oui, vous avez bien vu, et pour les autres, voici la solution : il s’agit de copeaux de perçage des perles associés à quelques morceaux de feuilles métalliques que je n’utilise jamais, le tout simplement regroupé dans une petite bouteille d’eau,la preuve en image : 

    Pourquoi faire me demandez-vous ? Et bien après avoir bien étanchéifié le bouchon de ce petit flacon vide de solution hydro-alcoolique, il est devenu un jouet facile à saisir et fascinant à observer par un bébé. Cette petite bouteille est venue compléter la collection de jouets fabriqués maison.

     Si la réalisation de ces objets ludiques me ravit et m’amuse beaucoup, je l’avoue, elle est, en revanche, une source désappointement pour mon cher et tendre qui constate, l’oeil dépité que OUI,  avec le temps, je vais finir par trouver un usage à chacune des choses injustement étiquetée « inutiles » et « juste bonnes à jeter » que je m’entête à conserver depuis des années. (Vous verriez mon dragon réalisé à partir de mes chaussettes trouées de la fac…. il est très chouette. Oui, vous avez bien lu, de la fac… ben quoi, c’était hier, non ?…) 

     Dans la foulée, je me suis donc lancée dans l’exploration de toutes ces choses entrées en ma possession pour être aussitôt délaissées dans mon atelier ; rubans et lanières de cuir achetés pour réaliser des bracelets jamais finis, perles en bois sensées alléger des mobiles, plaques de textures n’ayant donné que des hidden magic raté voire n’ayant jamais été exploitées, perles de chutes de canes et restes de disques de mobiles, bref, l’objectif était d’utiliser un matériel déjà existant et le combiner de manière à créer un panneau d’activité pour mademoiselle choupette. Ce qui est bien c’est que durant la confection, c’est bien moi qui me suis amusée. 

     Voilà ce que cela a donné : 

     Les anneaux se décrochent, les perles en haut à droite tournent autour d’un axe vertical, les disques noir et blanc sont fixés sur des bouchons à dévisser et les grosses perles allongées tournent autour d’un axe horizontal. Elle adore vraiment son panneau et s’y amuse pas mal mais l’erreur que j’ai faite est de ne pas l’avoir dimensionné pour elle. Selon l’esprit de contradiction qui caractérise bon nombre de bébés, peu importe de quel côté elle se trouve du calendrier qui sert de support à l’ensemble, elle cherche invariablement à attraper quelque chose qui se trouve hors de sa portée… et elle finit par s’énerver de ne pas y parvenir. Je saurai. 

     Dès lors, mon atelier s’est transformé en une sorte de caverne aux trésors dévoilant à chaque nouvelle boîte des joyaux oubliés. J’ai donc ENFIN trouvé un usage aux paillettes qui traînaient au fond d’une boite de perles en bois et aux perles cotillons qui me servaient à fabriquer des perles creuses. Quelques chutes de perçage de perles, un peu de colorant alimentaire, parfois un peu d’huile, une poignée de perles de rocailles kitsch et brillantes achetées par erreur sur internet et le tour est joué, vous avez de quoi faire des bouteilles sensorielles différentes. 

     Si les bouteilles de couleurs plaisent pour être regardées, elles sont un peu lourdes à manipuler et se font incontestablement détrônées par la première que je vous ai présentée ainsi que celles de droite qui font du bruit. 

     Bon, laissons un peu l’univers des jouets de côté. 

     Afin de respecter un peu mieux mon thème, je vous présente le dernier lutin qui était sorti de mon atelier pour aller décorer la chambre de ma nièce qui est du même âge que ma choupette : 

     Et enfin, l’exposition annuelle à la boutique des artisans créateurs jurassiens de Nozeroy est en place pour 2018. Vous y retrouverez le travail d’une quinzaine d’artisans différents et de nouveaux petits personnages sur mon stand : 

   Il s’agit de porte-clefs dont le dos est décoré avec la cane réalisée avec la translucide et le claygun lors de l’atelier de Bettina Welker au symposium 2016 (quand je vous dis que je finis TOUJOURS par exploiter ce que j’ai !)

 Voila… mon temps libre touche à sa fin autant que mes idées pour cet article. 

Il me reste donc à vous souhaiter de douces semaines à venir en espérant pouvoir vous montrer de nouvelles choses très bientôt. 

Prenez soin de vous. 

MC