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Bonjour tout le monde !

   Je sais qu’un certain nombre d’entre vous se trouve également être des fabricants qui se prêtent au délicat jeu de la vente de leurs créations. Et lorsqu’on cherche à vendre les pièces nées du mariage entre notre petite caboche et nos deux mimines et qu’on ne possède pas ou qu’on ne connaît pas de boutique prête à recevoir notre collection, nous devons inévitablement passer par la case « marché ». Cela représente une façon importante de faire connaître notre petite entreprise localement, ce que ne permet pas une boutique en ligne.  Pour celles et ceux qui débutent et pour celles et ceux qui ont l’intention de passer prochainement le pas de la confrontation directe au monde de la vente sur stand, cet article pourrait vous intéresser. Pour les autres, et bien… ça vous passionnera sans doute un peu moins mais cela vous amusera tout de même puisque, comme à mon habitude, je ne manquerai pas de vous faire part de mes anecdotiques expériences (c’est pas un peu redondant comme formule, ça ?). 

   Aujourd’hui, donc, je vais tenter d’élaguer un peu la jungle qui entoure le mystérieux et vaste monde des marchés et ds salons en partageant avec vous mes meilleurs ratés afin que vous sachiez un peu mieux choisir les vôtres. (Ambitieux projet, n’est-il pas ?)

   Tout d’abord, êtes-vous seulement équipé ? (chapiteau, tables et nappes, supports de présentation, affichage de prix, éclairage, décoration… le tout le plus facilement transportable possible… un casse-tête qui se résout avec le temps.)

   Marchés d’été ou marché d’hiver ? (Ce qui revient à cibler des clientèles différentes puisque les marchés d’été se verront fréquentés par les touristes de votre zone lorsque les marchés de Noël vous feront rencontrer davantage les habitants de votre région.)

   Intérieur ou extérieur ? (Les marchés en intérieur se trouvent être souvent plus chers mais exposer en extérieur nécessite un matériel et… disons une certaine résistance !)

   Mais avant tout, quel marché ?

   Au début, on tape aux portes, on envoie des demandes, on tâtonne… et puis d’années en années la situation s’inverse et on se fait de plus en plus contacter par des associations ou des municipalités et un tri intelligent doit être fait.

   Nous ne sommes pas seulement des bonnes âmes prêtes à tout pour faire modestement connaître un peu notre travail (non, je vous assure…), nous sommes avant tout des entreprises qui ne peuvent pas s’éparpiller à tort et à travers pour le bien-être de leur propre fonctionnement mais aussi pour le bien-être de notre moral et celui de notre entourage qui nous verra enchaîner les frustrantes journées de weekend loin de lui.

   Les pistes que je m’apprête à vous donner sont évidemment loin de clôturer le sujet mais si vous les appliquez, (et elles sont simplissimes !) elles ont de grandes chances de vous faire gagner de l’énergie, du temps et de l’argent (en tout cas d’en perdre moins… rôôô… Diantre ! Un peu d’enthousiasme, Marie !)

   Pour commencer, prenez garde à ce qui se cache derrière les intitulés  patrimoine et marché artisanal ! Ces expressions ne sont pas fausses mais tellement imprécises qu’elles peuvent désigner énormément de choses différentes dont un certain nombre qui n’ont rien à voir avec votre travail. Renseignez-vous si vous ne voulez pas vous retrouvez comme moi, coincés entre un défilé de voitures anciennes et un bassin de truites vivantes… (sans commentaire). Vous devez exposer vos pièces dans un contexte cohérent avec votre métier.  

   Renseignez-vous ABSOLUMENT sur l’identité des organisateurs (s’agit-il d’une municipalité ? d’une association ? association de quoi ?), sur leur démarche et sur le type d’exposants qui seront présents à la manifestation. Ne vous laissez pas séduire par un sympathique nom comme j’ai pu le faire il y a quelques années avec un salon en intérieur sur deux jours au joli intitulé de « Kaléidoscope » (Ben oui, franchement, je ne pouvais pas passer à côté !).

   Mais, jugez plutôt :  

   Ce n’est que le jour J que j’ai saisi l’ampleur de mon erreur.

   J’ai commencé à m’interroger lorsque l’espace que j’avais loué s’est tout d’abord vu réduire de deux mètres, m’empêchant donc d’installer la structure et les tables que j’avais prévues pour réaliser un joli stand aéré et attractif. Ma perplexité a ensuite grandi d’un degré au moment où, tandis que je tentais comme je pouvais de m’insérer dans l’espace réduit qui m’était alors attribué, j’ai pu observer l’arrivée et le déballage des exposants voisins… De tourneur sur bois, potier, céramiste, ou couturier…pas de trace… mais à la place, des vendeurs de pierres aux vertus incroyables, des cartomanciens et des maisonnettes d’interprétation des rêves. Bon… je ne suis pas grande amatrice de l’ésotérisme mais admettons… à ma droite, un vendeur de CD de relaxation enregistrés par l’exposant et en face, un fabricant de tapis de yoga. Cela reste des entreprises de création, attendons donc encore un peu.

   Mes sourcils se sont vraiment froncés lorsque l’emplacement situé juste à ma gauche a vu ses locataires arriver : un stand de photographie d’auras à 45€ le petit cliché polaroïd…

   Fichtre… Est-ce que je ne me serais pas trompé de weekend ? Non, le nom de La Perle Rouge est clairement inscrit à la craie sur les désormais deux petits mètres de sol que j’ai loué à prix d’or. Il est évident, qu’à ce moment, je m’interroge clairement sur le sens de ma présence à ce genre de salon. La réponse à cette question, je l’obtiens à peine une dizaine de minutes plus tard (juste avant l’ouverture au public), lorsque, dans un silence général, les organisateurs demandent à tous les participants de lever les mains en l’air et de communier à travers l’ouverture de nos chacras afin d’envoyer un concentré d’énergie à la mère d’un de leur confrère car la pauvre femme se trouve être malade… en Thaïlande.

   Combattant intérieurement entre l’envie de rire et celle de pleurer, me débattant entre mon furieux désir de fuir et ma tétanie abasourdie, j’ai pris une grande respiration et j’ai rapidement fait le point : Est-ce que je suis à ma place ? De toute évidence, non. Est-ce que je peux me permettre de rentrer tout de suite chez moi alors que j’ai payé 120 p…. d’euros pour ce salon ? Clairement, non. Il ne me restait donc plus qu’à prendre mon mal en patience afin de surmonter les deux très longues journées qui s’annonçaient…

   Est-il utile de vous préciser qu’entre la location de mon ridicule emplacement et les repas,  je n’ai pas fait de bénéfice, ce jour-là ? J’ajouterais même que d’un point de vue personnel, cela m’a coûté puisqu’il s’agissait d’un de mes premiers marchés après la naissance de mon petit chat et qu’organiser un allaitement complet lorsqu’on doit être toute le journée loin de son bébé n’est pas une chose évidente.

   Bref, est-ce que j’adhère à ce genre de manifestation ? Là n’est vraiment pas la question et que celles et ceux qui se sentent à l’aise dans ce genre de contexte ne prennent pas mon anecdote comme une offense envers eux mais est-ce que c’était la place de mon entreprise de créations de bijoux ? Mille fois NON !!! Lorsque je me rend dans une boutique de chaussures, je n’ai pas envie d’acheter les carottes qui sont exposées à côté de la caisse. (Mouaih… ce n’est pas la meilleure analogie que j’ai pu faire, m’enfin, vous saisissez l’idée.) 

   Voilà pourquoi il est important de se renseigner CORRECTEMENT sur le type de marché qui vous est proposé.

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Les marchés d’hiver.

   Les derniers mois de l’année et la profusion de marchés de Noël qui les peuplent représentent un sacré casse-tête. Vous pensez qu’un marché de Noël est un marché de Noël ? BIP ! ! ! Erreur.

   À l’approche de la grande fête, les journées de ce type se multiplient comme des petits pains (d’épices). Chaque commune ou quartiers veut son petit marché de Noël qui apportera un peu d’animation à la localité et je les comprends bien. Le problème c’est que nous ne sommes pas animateurs…

   Il convient alors de faire un choix assez drastique si vous ne voulez pas vous retrouver, comme moi, dans une ruelle qui ne voit pas le soleil de la journée, installée entre un vendeur de cocottes et de casseroles qui prend un peu moins de dix mètres linéaires de stand et un revendeur de coffrets-cadeaux dans lesquels, pour la modique somme de 15 €, vous devenez l’heureux propriétaire d’un téléphone, d’une montre et d’un parfum !!! Imaginez quelles facilités j’ai eu à expliquer aux clients qui abordaient ensuite mon stand que non… nous, les artisans locaux ne sommes pas « trop chers »…

   Ce type d’organisation qui ne prend absolument pas la peine de sélectionner les exposants est souvent le produit d’associations de commerçants restaurateurs qui voient à travers ces journées l’occasion de faire venir du monde à leur table. D’ailleurs, (ce qui confirme tristement cette hypothèse) j’ai réalisé par la suite qu’un second marché de Noël s’était tenu deux semaines plus tard dans la rue voisine, organisé par les hôteliers qui n’avaient pas eu les visiteurs du premier. Fuyez ce genre de chose comme la peste.

   D’une manière générale, on peut dire que les marchés de Noël qui fonctionnent très bien n’ont pas besoin d’aller chercher des artisans. Ce serait plutôt à vous d’effectuer des démarches pour tenter de vous y inscrire. Si vous recevez une proposition pour un marché de Noël 15 jours avant la date, ne vous faites pas trop d’illusion…

   Il est bien sûr tentant de tout accepter et de remplir tous les weekends d’octobre à décembre en se disant que de toute façon « on n’a rien à perdre » mais c’est faux. Je l’ai fait, évidemment, et je me suis épuisée. Lorsque l’année suivante, j’ai décidé de procéder à une sélection bien plus rigoureuse, j’ai vu mon nombre de jours de marchés divisé par deux et mon chiffre d’affaire sur cette période, multiplié par deux.

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Les manifestations d’été.

   Être capable de vendre son travail est quelque chose de compliqué. Il est nécessaire, entre autre choses, de ne pas se sous-estimer et donc de ne pas dévaloriser ni décrédibiliser son produit. Cela passe, bien sûr par l’établissement d’un prix juste et cohérent avec son travail (je ne m’étendrai pas sur le sujet, étant moi-même encore très mal placée pour vous faire la morale.) mais également par le choix de participer à des manifestations qui font sens avec votre démarche professionnelle.

   Vous êtes un créateur, pas un chiffonnier, il est donc assez crucial de fuir les marchés aux puces et autres vide-greniers ainsi que toute manifestation qui n’a, à priori, aucun rapport avec l’art ou l’artisanat. Le public de ce genre de journée n’est pas le vôtre et il vous sera encore une fois difficile de présenter des prix concurrents de vos voisins de stand.

   Si votre plaisir se situe au niveau de la fabrication et que vous cherchez seulement à faire ponctuellement de la place dans vos tiroirs afin d’y entreposer de nouvelles créations, alors n’hésitez pas, mais si vous désirez vendre vos pièces en tant que professionnel, ne vous faites aucune illusion et fuyez ce genre de journée crève-cœur. Inutile de vous dire qu’il en est de même pour les foires, royaumes inébranlables des revendeurs en tout genre.

   Attention aux marchés qui sont associés à un événement festif qui n’a rien à voir avec l’artisanat. Si, sur le papier, la journée promet d’être intéressante et que vous trouvez super sympa de mêler un concert ou un spectacle en plein air avec un marché d’artisans, dans la réalité, le public ne se déplace pas pour les deux choses donc l’une l’emportera forcément sur l’autre. Le plus souvent, le marché ne sert finalement que de décor à la déambulation des spectateurs qui se sont déplacés dans le but de se rendre à l’événement programmé. Il ne s’agit pas là d’une mauvaise foi de la part des organisateurs qui ont à cœur de proposer un programme diversifié mais bien une réalité qu’il est important de garder à l’esprit. Rien ne vous empêche d’y participer si le prix de l’inscription est acceptable et si le contexte vous séduit mais ne vous attendez pas à effectuer des ventes à casser la baraque.

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   Petite note à propos de la communication.

   Lorsque vous participez à un marché, il y a deux communications à prendre en compte. La vôtre, que vous effectuerez sur votre réseau et qui concerne votre propre clientèle déjà sensibilisée à votre travail et celle des organisateurs de la manifestation. La première n’a aucun pouvoir sans la seconde. Avant de répondre favorablement à une demande d’inscription à un marché, effectuez une rapide recherche sur la toile. Si cet événement se déroule depuis plusieurs années, il est facile de procéder à une simple reconnaissance des éditions passées. Cela permet d’avoir un aperçu de la communication mise en œuvre autour de cette journée et de la résonance qu’elle pourrait avoir dans la région. Si aucun résultat d’image ni aucun article ne ressort de votre recherche, c’est qu’il n’y a pas de travail de communication efficace. S’i n’y a pas de communication, alors il n’y aura pas de public. Même les plus grands événements réputés depuis des lustres à travers tout le pays continuent de consacrer une part importante de leur budget à la communication et ça n’est pas seulement parce qu’ils aiment dessiner des affiches colorées.  

   Si vous n’effectuez pas cette prise d’informations, vous risquez de vous retrouver perdus et rapidement démoralisés. Par exemple, si, comme cela m’est arrivé (décidément, vous allez finir par vous dire que je suis vraiment un gros boulet !) vous arrivez le matin pour vous installer et que durant tout le trajet vous n’avez pas aperçu la moindre affiche, ni le plus petit panneaux indiquant l’existence de la manifestation, rien d’autre à part une minuscule pancarte orange semblable à celles utilisées par les épiciers afin de signaler les légumes en promotion plantée dans la jardinière municipale sur le parking devant la salle des fête où va se dérouler votre marché, vous pouvez vous apprêter à vivre une très (très) longue journée…

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   Mais alors, que faire ? Où aller et comment s’y prendre ?

   Le mieux est encore d’anticiper vos marchés d’une année sur l’autre en vous rendant vous-même à des manifestations. Votre propre avis est encore le plus fiable. Faites le tour des stands, observez la cohérence des produits proposés, estimez l’organisation et l’affluence et allez discuter avec les exposants.

   Rendez-vous dans les offices du tourisme afin de vous procurez la liste des événements qui se tiennent tout au long de l’année.

   Cherchez également la liste des associations de votre région et rapprochez-vous des artisans-créateurs expérimentés.

   Vous trouverez également un certain nombre d’informations utiles à la Chambre des Métiers et de l’Artisanat la plus près de chez vous.

   Prenez contact avec un réseau qui vous correspond et ne dites pas oui à tout, simplement pour remplir vos dates sur votre calendrier, vous risquez d’y laisser trop de temps et de plumes quand moitié moins de dates mieux sélectionnées vous apporteraient plus de satisfactions et de crédibilité. 

   Et si, malgré tout, vous passez encore de mauvaises journées derrière votre stand, alors allez lire l’article publié ici il y a 15 jours et souriez. La patience et le travail finissent toujours par être gagnants. 


 

Allez, bon courage ! 

Prenez soin de vous et à bientôt !!!

MC

Bonjour chers Vous tous ! 

Comme je vous l’ai expliqué dans mon dernier post, c’est à présent depuis un lit que je vous écris mes petits articles devenus par la force des choses bi-mensuels. La bonne nouvelle, c’est que bébé est donc toujours au chaud, la moins bonne c’est que je n’ai toujours pas de nouvelle création polymère à partager avec vous. Je vais donc, dans les semaines à venir, vous inonder de mots plus que d’images et ça commence aujourd’hui ! 

Très chers clients qui lisez ceci, peut-être vous est-il arrivé de prononcer l’une ou l’autre des remarques quelque peu incongrues dont je vais dresser ici la liste, et entre nous, c’est parfaitement normal (enfin, il y en a une ou deux de gratinées, tout de même…). Peut-être les avez-vous vous-même entendues tandis que vous étiez en train d’observer mon stand et qu’elles vous ont fait tout aussi sourire que moi.

Quoi qu’il en soit, surtout ne vous vexez pas et ne vous méprenez pas en voyant à travers cet article une gratuite accumulation de dédaigneuses moqueries de ma part mais bien un partage de moments qui, sans doute parce que ces interrogations ne sont pas si absurdes que cela, se produisent très régulièrement autour de nos stand de créateurs lors de marchés et d’expositions.

Passer ces journées à attendre anxieusement derrières nos créations étalées sous les regards et les critiques des passants telle une sorte de mise à nu professionnelle est loin de constituer la partie la plus exaltante de notre métier.

Installer son stand, son bazar de tables, de supports, de déco, de colliers et de dizaines de boucles d’oreilles (que non ! On ne laisse pas sur un portant toute l’année durant les transports pour en faciliter la mise en place)…

Patienter toute la journée le passage des visiteurs qui n’avaient pas forcément prévu de dépenser quelque chose durant leur promenade digestive…

Tenter, plus ou moins adroitement de susciter l’intérêt des gens face à son propre travail dans le but de le vendre (création et vente : deux métiers bien distincts à n’en point douter !)…

Passer à travers toutes les
émotions possibles : « Chic, ça les a vraiment épaté ! Ça me donne d’autres idées »

« Si personne ne m’achète de pièce c’est que je dois vraiment faire de la crotte. »

« Rôôôô… il n’y a vraiment personne sur ce marché… »

C’est d’ailleurs généralement au moment de cette dernière réflexion qu’intervient le cruel calcul entre l’investissement financier, physique et moral du jour et la rentabilité qui en découle.

Bref, vous l’aurez compris, tenir son stand ne représente pas toujours une partie de plaisir pour tout le monde et les créateurs qui démentiront mon propos seront, j’en suis certaine, les moins nombreux !

Afin de relativiser tous ces moments, voici donc à présent, le top 10 des remarques et questions plus ou moins saugrenues mais récurrentes que j’ai entendues durant les parfois trop longues heures derrière mon stand :

Tout d’abord, sans doute la plus courante. Elle provient généralement de clients contemplant les détails riquiquis des motifs kaléidoscopes qui s’enchaînent dans une parfaite régularité sur un collier torque :

« C’est peint ? »

Mais… tout à fait, mais avec le pinceau qui n’a qu’un poil et durant approximativement 180 heures… 


« Ah, je connais, ça, ce sont des émaux.

-Euh… non, c’est de la pâte polymère…

-Ben si, ce sont des émaux !

-Euh non, non, je vous assure…

-Ah ? Bon. Ben ça ressemble à des émaux.

-Ah. »


Après 40 minutes de démonstration de la réalisation complète d’une cane kaléidoscope complexe (réalisation des mini-canes dégradées, iris etc puis assemblage des éléments, duplication du motif et réduction) :

« Et donc maintenant, vous repassez tout dans la machine, c’est ça ? »

Ben tient… Les gens et leurs très différentes aptitudes à considérer les notions de volumes me surprendront toujours…


« Ben vous devriez passer votre pâte au micro-onde pour la ramollir ! »

Ben oui, pardi, c’est diantrement bêta de ma part de pas me simplifier la vie comme ça ! 


Ah, la suivante revient également assez souvent :

« Pourquoi vous ne faites pas des boucles d’oreilles en rouleau de réglisse ? Vous devriez, c’est simple, il suffit de rouler un fil noir sur lui-même, ma nièce en fait ! »

Ben… tout est dit, je crois.


« Ah c’est original, vous les achetez ou ces perles ?

-C’est moi qui les fabrique.

-C’est vous qui fabriquez vos colliers, oui, j’ai bien compris mais vous les trouvez où vos perles ?

-Non, c’est moi qui fabrique mes propres perles.

(Silence dubitatif)

-Vous voyez, à partir de ces petits paquets de pâte, je réalise mes perles en me servant de nombreuses techniques différentes, puis après cuisson, perçage et ponçage des perles, je procède enfin au montage des colliers.

-Je ne comprends pas. Ce n’est pas vous qui faites vos perles, si ? 

-…»


La suivante, je la déteste au plus haut point :

« C’est très joli mais il y a trop de couleurs, à mon âge, je ne peux plus me le permettre. »

À chaque âge sa couleur ? Quelle étrange idée…

Moi, je trouve que c’est justement quand nos cheveux sont gris ou blancs que les couleurs des vêtements et des bijoux ressortent le mieux ! 


« Pourquoi est-ce que vous n’envoyez pas vos dessins en chine pour les réaliser ? Il y en a qui font ça très bien, là-bas ! »

Alors j’avoue que pour celle-là… je suis vraiment restée comme deux ronds de chapeau… la seule réponse qui est parvenue à s’extraire de mes lèvres tant la question me paraissait incompatible avec ma profession de créateur, fut : « Euh… je ne dessine pas mes pièces… » S’en est suivit un rire un peu gêné de ma part


« Ah bon, c’est un plastique ? Mais je croyais que c’était de la terre naturelle ?!? »

Euh… ben non… il s’agit d’une formule qui marie des pigments de couleur avec du pvc, comme énormément de choses qui vous entourent, en fait. 


« Ben moi, j’en ai acheté avec mes filles mais elle devait être périmée parce que ça n’a pas cuit correctement.

-Périmée ? Expliquez-moi un peu… parce que ça sèche, la pâte polymère et ça la rend plus difficile à travailler… mais c’est tout. Vous l’avez cuite à combien ?

-Ben, mon four à micro-ondes monte à 800 watts, je sais pas trop ce que ça fait en degrés.

-??? » 


 Bon, je sais qu’on a déjà atteint les 10 mais ma sœur vient de m’en rappeler une qui m’avait fait sourire l’été dernier alors je l’ajoute :

« Oh, il est beau, ce pendentif, ça, c’est original ! 

-Euh… ça, c’est un mobile, en fait… mais si vous y tenez, je peux y ajouter un fermoir… »


Voilà.

J’en oublie certainement de nombreuses autres (et des croustillantes !) mais celles-ci sont récurrentes (enfin, sauf l’histoire de la Chine, mais celle-là était tellement extraordinaire qu’il fallait que la partage avec vous !). Je suis persuadée que les créatrices et créateurs qui me liront s’y retrouveront et pourraient en ajouter bien d’autres.  

Je vous laisse ici et je retourne cogiter à d’autres articles. D’ailleurs, si vous avez des idées, n’hésitez pas à m’en faire part !

À très bientôt ! 

Bises à Vous

MC